Eliminatoires CAN 2027 – Groupe A. Le 29 septembre dernier, le Gabon accueillait le Niger au stade de Franceville pour le compte de la deuxième journée des éliminatoires de la CAN 2027. Une soirée qui devait être consacrée au football et à la relance des Panthères, elle s’est finalement transformée en une nouvelle illustration des difficultés auxquelles sont confrontées les infrastructures sportives gabonaises.
Le Stade de Franceville plongé dans l’obscurité.
Dès l’arrivée au stade, les premières inquiétudes étaient visibles. Sur les quatre pylônes d’éclairages, seuls deux étaient opérationnels. Et même ceux qui fonctionnent semblaient présenter une intensité lumineuse insuffisante. Selon les informations recueillies sur place, les techniciens auraient notamment eu recours à des équipements d’éclairage provenant du site de regroupement des Panthères à Bongoville afin de renforcer le dispositif du stade de Franceville.
A l’intérieur de l’enceinte, le constat était tout aussi préoccupant. Pelouse dégradée, infrastructure vieillissantes et système de drainage présenté comme défaillant depuis plusieurs années: autant d’éléments qui interroge sur l’état de l’unique stade du Gabon homologué par la CAF et accueillant tous les matchs internationaux des Panthères.
Un stade désormais sous pression des exigences de la CAF
La question de l’homologation du stade de Franceville se retrouve ainsi au centre des préoccupations. Des informations circulant dans l’environnement de la sélection gabonaise font également état d’échange autour du rapport des officiels de la rencontre. Que la présence de Mounguengui Pierre Alain (MPA), arrivé la veille du match au regard de son aura en tant qu’ancien arbitre et surtout aujourd’hui troisième autorité du football continental aurait servi pour avoir un rapport peu salé contre le Gabon. A la suite de ces observations une question nous vient à l’esprit: Le Gabon peut-il encore garantir durablement des conditions d’accueil conforme aux exigences du football international?
Puis vint le Blackout
Sur le terrain, les premiers signes annonciateurs de l’incident sont rapidement apparus. Quelques minutes seulement après le coup d’envoi, l’intensité des projecteurs a commencé à fluctuer. La lumière diminuait avant de revenir, plongeant progressivement les acteurs et les spectateurs dans l’inquiétude. Puis l’inévitable s’st produit: balckout total.
La rencontre a dû être interrompue, offrant une image particulièrement embarrassante d’un pays qui ambitionne de faire du football une véritable vitrine du pays en accueillant des rencontre dans des conditions dignes de ce nom.
Selon les informations recueillies au lendemain de l’incident, le stade disposait pourtant d’un groupe électrogène destinée à assurer son alimentation électrique comme l’exige aujourd’hui la CAF afin d’être indépendant du réseau électric domestique.
Le dispositif aurait une capacité importante de carburant, mais les informations disponibles indiquent que le niveau de remplissage au moment de la rencontre était nettement inférieur à cette capacité. L’Office Nationale de Développement du Sport et de la Culture (ONDSC) aurait sollicité un approvisionnement plus conséquent auprès de sa tutelle, sans obtenir la quantité demandée et celà aurait été préjudiciable.
La SEEG pour éviter le pire
Dans cette situation, l’intervention de la Société d’Energie et d’Eau du Gabon (SEEG), qui a permis le rétablissement de l’alimentation électrique, a contribué à éviter une interruption prolongée de la rencontre. Mais au-delà de cet incident, une question demeure: Comment un match international de cette importance peut-il être exposé à une panne d’électricité susceptible d’interrompre la rencontre? Le problème ne semble d’ailleurs pas se limité au 29 septembre .
Derrière les projecteurs, une infrastructure à bout de souffle
La coupure d’électricité a surtout mis en lumière un problème plus profond: celui de l’entretien et de la maintenance des infrastructures sportives nationales.
Depuis plusieurs années, le système de drainage du stade de Franceville est présenté comme défectueux. Le dispositif associé au groupe électrogène, installé depuis 2012 selon les informations recueillies, aurait également fait l’objet de préoccupations concernant sa maintenance. Plusieurs rapports de l’Office Nationale du Développement du Sport et de la Culture (ONDSC) auraient, selon des sources proches du dossier, alerté la tutelle sur l’état des installations. Ces éléments mériteraient aujourd’hui d’être examinés à la lumière de documents officiels, tant leur impact dépasse le simple cadre d’un match de football.
Des promesses confrontées à la réalité du terrain.
Quelques jours avant la rencontre, des communications et médiatiques à la solde du Ministère des Sports avaient pourtant présenté la préparation du match sous un jour rassurant, assurant même que les dispositions nécessaires avaient été prise par le Ministre de tutelle pour garantir son bon déroulement. La réalité observée au stade a toutefois offert un contraste saisissant.
A peine quelques minutes après e début de la rencontre, les projecteurs ont montrés leurs limites. La pelouse, elle aussi, a rapidement révélé un état de dégradation préoccupante. Entre discours rassurants et réalité du terrain, le fossé semble désormais difficile à masqué.
L’urgence n’est plus politique, elle est sportive
Au-delà des querelles institutionnelles et des rivalités supposées au sein de la gouvernance du football gabonais, l’urgence paraît ailleurs: réhabilité, entretenir et moderniser les infrastructures sportives du pays. Car le risque est désormais clairement identifié: à force de laisser les équipements se dégrader, le Gabon pourrait être contraint de disputer certaines de ses rencontres internationales à l’extérieur de ses frontières. Et ce serait alors bien plus qu’une panne d’électricité. Ce serait le symbole d’un problème structurel et donc un échec pour la tutelle.
Le football gabonais dispose de joueurs, d’une sélection nationale et d’une histoire. Mais pour continuer à recevoir des adversaires sur son propre sol, il faut aussi des infrastructures capables de répondre aux standards du football international.
A Franceville, le 29 septembre, ce ne sont pas seulement les projecteurs qui se sont éteints. C’est toute la question de la maintenance et de la gouvernance des infrastructures sportives gabonaises qui s’est trouvée sous les feux des projecteurs.
Par/FB

