Il avait promis de remettre de l’ordre. Neuf mois plus tard, le football gabonais est toujours dans le brouillard. Elections de la FEGAFOOT bloquées, structures sportives en attente de régularisation, collège électoral dans l’incertitude et Mangasport exposé aux interrogations: la gestion du ministère des sports interroge de plus en plus.
Neuf mois pour régulariser et toujours rien
Il fallait régulariser. Il fallait assainir. Il fallait remettre de l’ordre. C’est au nom de ces objectifs que le processus électoral de la FEGAFOOT a été stoppé après le changement intervenu à la tête du ministère des Sports en janvier 2026.
Une décision présentée comme nécessaire.
Une décision qui pouvait, sur le principe, se défendre.
Mais neuf mois plus tard, une question s’impose: Où sont les résultats?
Car le temps a passé. Beaucoup de temps. Et le football attend toujours.
Une opération de régularisation qui devait débloquer le système est devenue, de fait, l’un des principaux obstacles à son fonctionnement.
Le Ministère a bloqué. Le Ministère doit désormais assumer.
Le constat est difficile à contourner
En décidant d’interrompre le processus électoral de la FEGAFOOT au nom de la régularisation des associations sportives, le Ministère des Sports a pris la responsabilité de cette nouvelle séquence. Il lui appartenait donc de faire avancer rapidement le dossier.
Or, plusieurs mois plus tard, les clubs, les ligues provinciales et les associations concernées restent dans l’attente de leur régularisation.
A force de vouloir tout contrôler avant de laisser le football avancer, le ministère donne surtout l’impression de ne plus savoir comment le faire avancer.
C’est là que le bas blesse.
Une administration peut décider de réformer. Elle peut décider de contrôler. Elle peut décider régulariser. Mais elle ne peut pas indéfiniment bloquer sans produire de solution.
Le cas du CNOG rappelle pourtant une chose simple
Le Gabon a déjà connu cette situation
Lors du renouvellement des instances du Comité national olympique gabonais, le Comité International olympique avait alerté les autorités sur les risques liés au retard du processus électoral. Face à l’urgence, les pouvoirs publics avaient trouvé une solution.
Un dispositif conjoint avait été mis en place avec le ministère de l’intérieur. Un guichet unique avait permis d’accélérer la régularisation des structures concernées.
Quand il fallu agir vite, l’administration a su agir vite.
Alors pourquoi cette efficacité disparaît-elle lorsqu’il s’agit du football? C’est précisément cette différence de traitement qui nourrit aujorud’hui les interrogations.
Le collège électoral, otage de la lenteur administrative
Le problème n’est pas secondaire. Il touche directement au processus électoral de la FEGAFOOT.
Les structures appelées à constituer le collège électoral doivent disposer d’une situation administrative conforme. Or, si leur régularisation n’est pas effective, c’est toute la mécanique électorale qui demeure fragilisée.
On a donc créé une situation où l’on exige la régularisation avant les élections, mais où la régularisation elle-même n’avance pas suffisamment pour permettre aux élections d’avoir lieu.
Une absurdité administrative? Le mot peu sembler fort. Mais comment qualifier autrement un système qui s’enferme dans sa propre logique de blocage?
Et Mangasport dans tout ça?
C’est ici que le dossier devient particulièrement préoccupant. Mangasport représente la Gabon d’une compétition africaine.
Mais le Ministère considère que la régularité administrative des clubs est une condition indispensable au fonctionnement du football national, la question de la situation administrative de Mangasport mérite une clarification.
Le club dispose-t-il de l’ensemble des documents nécessaires? Son engagement continental est-il juridiquement et administrativement sécurisé? Existe-t-il un risque de contestation?
Et surtout: qui assumera les conséquences si un problème administratif venait à compromettre la participation du représentant gabonais?
Le football gabonais n’a absolument pas besoin d’un nouveau feuilleton administratif sur la scène africaine.
Pendant ce temps, le Ministère reste dans le mutisme, le football, lui, attend
C’est probablement l’un des aspects les plus irritants de cette situation.
Pendant que les clubs attendent leurs documents, que les ligues restent suspendues à leur régularisation et que le processus électoral fédéral demeure dans l’incertitude, le football gabonais continue de vivre ses problèmes.
Le Ministère des Sports est aujourd’hui attendu sur les résultats concrets. Pas sur les intentions. Pas sur des annonces. Pas sur des opérations administratives interminables. Sur des résultats.
Le football gabonais n’est pas un dossier à mettre en attente
Un ministère des sports n’a pas vocation à devenir un obstacle supplémentaire pour le mouvement sportif. Il doit être le facilitateur. Un régulateur. Un garant du respect des règles. Mais surtout, un acteur capable de créer les conditions permettant au sport de fonctionner.
Or, dans le dossier de la FEGAFOOT, l’impression laissée est exactement inverse.
Le Ministère a interrompu. Le ministère a demandé de régulariser. Le ministère a laissé la temps passer.
Et aujourd’hui, C’est le football gabonais qui paie l’addition.
Il est temps de rendre des comptes
Neuf mois, c’est suffisamment long pour expliquer une réforme. Suffisamment long pour identifier les difficultés. Suffisamment long pour corriger les anomalies. Et surtout, suffisamment long pour produire des résultats.
Le ministère des sports doit désormais sortir du silence administratif et répondre clairement aux acteurs du football.
Quel est l’état réellement de la régularisation?
Pourquoi les structures concernées attendent-elles toujours?
Quand le processus électoral de la FEGAFOOT pourra-t-il reprendre?
Comment le collège électoral sera-t-il sécurisé?
Et sur quelle base administrative Mangasport représente-t-il le Gabon sur la scène continentale?
Ce ne sont pas des attaques. Ce sont des questions de gouvernance.
Par/FB

