A force de multiplier les exigences et de repousser les échéances, les ministère des sports donne le sentiment d’être devenu le principal frein au retour à la normal du football gabonais. Officiellement, il s’agit d’assainir et de mettre les associations sportives en conformité. Dans les faits, le processus ressemble de plus en plus à un interminable parcours d’obstacles dont personne ne semble voir l’issue.
Depuis plusieurs mois, les ligues attendent désespérément leurs agréments techniques, document indispensables à la régularisation des associations et au déroulement du processus électoral de la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT). Pendant ce temps; le football national reste suspendu aux lenteurs administratives d’un ministère qui peine à convaincre à la cohérence de sa démarche.
Le contraste est d’autant plus frappant que le Ministère de l’Intérieur, à travers le guichet unique mis en place pour accélérer les procédures, a deja validé l’ensemble des dossiers relevant de sa compétence. Autrement dit, le verrou ne se situe plus qu’à un seul niveau: celui du ministère des sports.
Sinon comment expliquer qu’une procédure qui aurait pu être finalisée en quelques semaines s’éternise depuis des mois? Pourquoi de nouveaux motifs de rejet apparaissent-ils au fil de l’instruction des dossiers? Et surtout, les règles semblent-elles évoluer au gré des observations formulées aux ligues?
Le dernier épisode laisse perplexe. Certaines ligues se voient reprocher d’avoir inscrit dans leurs statuts l’expression « sous-ligue provinciale » au lieu de « sous-ligue départementale ou « sous-ligue communale ». Une nuance terminologique qui, pour de nombreux spécialistes du droit associatif, relève davantage d’une erreur matérielle que d’une irrégularité de fond.
Faut-il réellement bloquer tout un processus électoral pour une formulation qui ne modifie ni l’organisation des ligues ni l’esprit de leurs statuts? A quoi servent les juristes du ministères des sports si une simple correction rédactionnelle ne peut-être régularisée sans immobiliser tout un secteur sportif?
Le dossier des assurances nourrit les mêmes interrogations. Des ligues affirment avoir déposer leurs dossiers avec des polices d’assurance parfaitement valide au moment du dépôt. Plusieurs mois plus tard, elles apprennent, parfois par un simple appel téléphonique plutôt que par une notification officielle, que ces assurances sont désormais expirées et constituent un motif de blocage.
Cette situation frise l’absurde. Une administration peut-elle raisonnablement reprocher aux demandeurs l’expiration de document qu’elle a elle-même laissé vieillir en tardant à instruire leurs dossiers?
La contradiction apparait encore plus flagrante lorsque l’on se souvient que le ministre des sports a lui-même lancé officiellement le championnat national à Lambaréné et accompagné financièrement tous les clubs. Si ces structures étaient jugées suffisamment régulières pour participer à la compétition et bénéficier d’un soutient financier public, comment expliquer qu’elles deviennent aujourd’hui insuffisamment conformes pour obtenir leur agrément technique?
A mesure que le semaines passent, le manque de lisibilité de cette procédure alimente toutes les interrogations. Les acteurs du football ne réclament ni passe-droit ni traitement de faveur. Ils demandent simplement des règles claires, des délais raisonnables et une application cohérente des textes.
Car au bout du compte, ce sont pas seulement des dossiers administratifs qui restent bloqués. C’est tout le football gabonais qui demeure pris en otage d’une procédure devenue incompréhensible. Tant que le ministère des sports ne lèvera pas les zones d’ombre qui entourent la délivrance des agréments techniques, les interrogations persisteront et la confiance des acteurs continuera à s’éroder.
Une chose demeure certaine: la mise en conformité des associations sportives est une nécessité imposée par les nouvelles dispositions réglementaires. Encore faut-il que cette réforme soir appliquée avec célérité, cohérence et sécurité juridique afin qu’elle ne devienne pas, aux yeux des acteurs du football, un facteur supplémentaire d’instabilité dans une discipline qui aspire avant tout à retrouver un fonctionnement institutionnel normal.

