Football gabonais: La « Task Foot » divise, l’ACPF sort les griffes et poses des conditions!

Landry KEYI, Porte-parole du collectif

Alors qu’un report de championnat posait interrogeait deja plus d’un, voilà qu’une Task foot, à laquelle les clubs de football sont conviés, vient d’être en place. Toutes ces décisions ont conduit, l’Association des Clubs Professionnels de Football (ACPF), a invité ses membres à une concertation qui s’est tenue ce 17 octobre, au cours de laquelle les dirigeants des clubs de première division ont décidé de conditionner leur participation à la Task Foot annoncé par le ministère des sports à plusieurs exigences, notamment la régularisation administrative des clubs et le maintien de la D2 dans le giron professionnel.

Alors que les clubs de première et de deuxième divisions se préparaient à reprendre la compétition conformément au calendrier publié par la LINAFP, un nouveau contretemps est venu bouleverser leurs plans. Sur instruction du Ministère des Sports, la LINAFP a été invité à reporter le lancement des championnats, en attendant la mise en place d’une Task Foot (un mot pour paraître savant) censée réunir l’ensemble des acteurs du football national.

Une décision qui n’a pas manqué de faire réagir l’ACFP. A l’issue d’une réunion de concertation qui s’est tenue le 17 octobre, les représentants des clubs de D1 et de D2 ont arrêté une position commune: leur participation aux travaux de cette instance sera conditionnée à la prise en compte de plusieurs préoccupations majeures.

La régularisation des clubs au coeur des interrogations

Premier point de crispation: la situation administrative des clubs appelés à prendre part à la Task Foot. L’ACPF s’interroge sur la cohérence d’une démarche qui consisterait à associer aux discussions des structures donc la régularité administrative est contestée, alors même que le démarrage du championnat aurait été reporté en raison de problèmes liés aux agréments techniques et aux récépissés.

Pour l’association, la logique voudrait que, si le démarrage du championnat a été repoussé pour défaut d’agrément technique et récépissés, que les clubs appelés à participer aux travaux doivent être en règle au regard des textes en vigueur.

Cette revendication soulève une question de fond: Comment justifier le report d’une compétition pour des motifs administratifs tout en envisageant de réunir, au sein d’une même instance de concertation, des clubs dont la situation reste à clarifier? Pour l’ACPF, la crédibilité du processus passe nécessairement par la clôture de la régularisation de tous les clubs.

Le statut professionnel de la D2 contesté

Autre sujet de désaccord: la perspective de sortir du championnat de deuxième division du cadre professionnel. Sur ce point, l’ACPF déplore une décision qui, selon elle, aurait été prise de manière unilatérale, sans concertation préalable avec les principaux concernés. Les dirigeants des clubs considèrent qu’une évolution aussi importante de l’organisation du football national ne saurait être décidée sans un dialogue approfondi avec les acteurs directement concernés. Au-delà du statut de la compétition, cette question engage l’avenir des clubs, leur organisation et les perspectives de développement du football gabonais.

Au-delà des ces revendications de l’ACPF, c’est la méthode utilisée par le ministère des sports qui pose problème. C’est une démarche jugé précipitée et insuffisamment inclusive, estimant qu’une concertation plus large aurait permis de renforcer la légitimité des décision à prendre. Près de dix mois après l’arrivée de l’ancien international gabonais à la tête du Ministère, le manque de lisibilité de la politique de développement du sport demeure. Entre les procédures de régularisation administrative qui s’éternisent, les divergences sur le statut des compétitions et l’annonce de la nouvelle Task Foot à la veille de la reprise du championnat, les interrogations s’accumulent quand à la capacité réelle du nouveau locataire du ministère à véritablement faire décoller le sport au Gabon et non seulement le football qui semble être la seule préoccupation du Ministre.

Le football gabonais toujours dans l’attente

L’annonce de cette Task Foot, présentée comme un cadre de concertation entre acteurs, intervient dans un contexte particulièrement sensible: celui d’un championnat dont la reprise était attendue par les clubs et les amateurs de football.

Dès lors, une question demeure: cette nouvelle initiative permettra-t-elle de débloquer la situation ou plongera-t-elle davantage l’incertitude autour de la saison?

Pour l’ACPF, l’urgence est de clarifier les règles, de garantir une concertation effective et de préserver le cadre professionnel de la D2. Car, au-delà des divergences institutionnelles, c’est la continuité des compétitions et l’avenir du football national qui sont en jeu.

Dans un environnement fragilisé par les tensions inutiles, le football peut difficilement se permettre de voir la reprise de ses championnats devenir l’otage de querelles de gouvernance. Les clubs attendent désormais des décisions claires, cohérentes et susceptibles de ramener durablement la sérénité dans le paysage footballistique national.

Par/FB

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